Comment faire face à une dépression post rupture ?

Par Antoine Peytavin

J’ai la chance aujourd’hui de rencontrer un psychologue clinicien.

Il répond à toutes mes questions sur la dépression qui suit une rupture.

Ce sujet est souvent abordé sur le forum et les réponses sont souvent farfelues.

Faut-il voir un psy ? Faut-il prendre des médicaments ? Comment savoir qu’on subit une dépression ?

Voici TOUTE la vérité sur ces questions !

JRME : Quels sont les signes qui témoignent qu’on est en pleine dépression nerveuse ?

Arnaud S. : La dépression rassemble différents signes caractéristiques plus ou moins manifestes.

Ce n’est pas un « coup de déprime », c’est une maladie pouvant toucher chacun de nous quelque soit l’âge, le sexe, le niveau social, la volonté ou le « caractère ».

Elle entraine une souffrance et une gène importante.

La dépression peut prendre plusieurs formes et a des causes multiples (deuil, séparation, perte d’emploi, histoire infantile, environnement stressant, …).

On parlera de dépression si pendant au moins 15 jours, presque chaque jours, presque toute la journée on a une tristesse et une souffrance inhabituelles plus douloureuse que ce que l’on a ressenti avant et/ou une perte d’intérêt pour la plupart des choses.

Les signes ou symptômes suivants, dont le nombre et l’intensité peuvent varier, caractérisent la dépression : ils peuvent être d’ordre :

– affectifs : tristesse intense, anxiété, incapacité à éprouver du plaisir…
– intellectuels : difficulté à se concentrer, dévalorisation de soi, pensées négatives, …
– physiques : fatigue, ralentissement des gestes, de la parole, …
– corporels : altération du sommeil et de l’appétit, troubles sexuels, …

Je ne me sens pas bien, j’ai des envies de suicide, je consulte qui ? Docteur ? Psychiatre ? Psychologue ? Hôpital ? SOS suicide ?

En premier lieu si possible autant se diriger vers le professionnel qui semble le plus accessible, avec qui un lien existe déjà comme son médecin traitant.

Un épisode dépressif n’est jamais un événement isolé ni anodin.

Parfois quand l’intention et le risque suicidaire est présent, la question d’une éventuelle hospitalisation se pose, on peut appeler le SAMU (le 15) ou les urgences (le 112).

Après, il existe plusieurs chemins possibles pour en parler.

Tout sentiment de mal être, de dépression, d’envie de suicide, autant pour ce qui s’y origine que les conséquences sur le vécu de la personne, justifient une psychothérapie, une rencontre et une écoute spécialisée, et que ce soit avec un psychiatre, un psychologue ou un psychanalyste, l’important c’est qu’on se sente suffisamment à l’aise.

Suis je obligé de prendre des anti-dépresseurs ?

Tout dépend de l’intensité des symptômes et de leur retentissement sur la vie et l’autonomie de la personne, seul le médecin traitant ou le psychiatre estimera, en dialogue avec le patient, de l’opportunité d’une médication (antidépresseur ou autres).

Néanmoins, le traitement de choix de la dépression quand elle est sévère reste médicamenteux.

L’idée est quand même d’aller mieux !

Ma dépression affecte mon travail, est-ce grave ?

La dépression suite à une rupture touche progressivement et à différentes strates la vie quotidienne, affective, sociale et professionnelle.

D’où l’importance de prendre en compte cet état de souffrance assez tôt pour se faire aider.

Je pleure tout le temps, dois je prendre des actions chez kleenex ?

Les pleurs peuvent faire partie des signes de la dépression, mais pas obligatoirement car une absence de pleurs n’est pas le signe qu’il n’y a pas de dépression.

Au bout de combien de temps j’irai mieux, suite à ma rupture ?

Tout cela dépend du contexte de la rupture, des ressources de chacun (histoire personnelle, personnalité, … ) pour faire face à cette perte et/ou blessure narcissique et tout autre sentiment.

Aussi cela dépend de la capacité de chacun à trouver des points d’étayage, dans son environnement affectif, social et professionnel (famille, amis, confidents, collègues), pour passer à autre chose.

Et quand on y arrive pas et qu’on souffre trop ça peut être l’occasion de s’engager dans une psychothérapie.

Combien ça coûte de voir un psy ? C’est remboursé ?

Tout dépend quel psy vous allez voir, dans quel lieu et quelle démarche vous correspond le mieux :

Chez un psychiatre, le tarif de base de la consultation est de 37 € remboursés à 70 %, mais il faut souvent compter un dépassement d’honoraires.

De plus, si certains analystes et psychothérapeutes sont aussi psychiatres, ils peuvent établir des feuilles de soin… mais peuvent aussi refuser de le faire s’il s’agit de séances d’analyse où la règle veut qu’on paye pour s’engager et guérir de surcroît.

En cabinet privé, chez un psychologue, un psychothérapeute ou un psychanalyste, le prix d’une séance (de 30 à 45 min) varie de 40 à 120 € (non remboursés).

Dans un Centre Médico-Psychologique (CMP), les séances sont remboursées par la Sécurité sociale et souvent sans avance de frais.

Dans un Bapu (Bureau d’aide psychologique universitaire), les lycéens et étudiants ont la possibilité de consulter ou de suivre une psychothérapie gratuitement.

Les titres de psychothérapeute et de psychanalyste ne sont ni contrôlés par un ordre professionnel ni reconnus par un diplôme agréé par le ministère de la Santé.

N’importe qui peut se les octroyer, d’autant que pour ouvrir un cabinet, il n’est pas nécessaire de justifier d’une formation.

En outre, si la plupart d’entre eux en ont une, elle ne garantit pas pour autant leurs compétences.

Bien au-delà, il existe de nouvelles formes d’accompagnement, comme le « coaching » , et franchement à ce niveau de mal être, passez votre chemin.

Il est conseillé de choisir un psychothérapeute qui soit par ailleurs psychologue ou psychiatre (aujourd’hui le titre de psychothérapeute, par souci de lisibilité pour le public, tend à être protégé par décret et réservé à ces deux professions).

Ceci dit, s’il on veut suivre une analyse, on peut s’adresser auprès des associations psychanalytiques suivantes : Association Psychanalytique de France (tél. 01.43.29.85.11, www.associationpsychanalytiquedefrance.org) ; ou à la Société Psychanalytique de Paris (tél. 01.43.29.66.70, www.spp.asso.fr) ; ou à la Société de Psychanalyse Freudienne (tél. 01.43.22.12.13, www.spf.asso.fr) ; ou à l’Ecole de la Cause freudienne, fondée par Jacques Lacan (tél. 01.45.49.02.68, www.causefreudienne.net)

On m’a dit de manger du chocolat, de faire du sport et de m’acheter un vibro pour aller mieux. Ça fonctionne ?

Tant qu’on recherche des solutions de mieux être pourquoi pas, il est important de pouvoir préserver son hygiène de vie… mais la dépression c’est surtout une perte du désir et l’incapacité à éprouver du plaisir, inhibition et inertie, d’où la difficulté de se mettre en mouvement.

Parfois la détresse de la personne dépressive peut conduire à rechercher des formes de compensations vaines, immodérées voire extrêmes où l’on peut se mettre en danger dans des conduites à risques (ayant un écho suicidaire).

Voir un psy c’est uniquement pour les malades mentaux ?

Le psy accueille et écoute sans jugement toutes formes de souffrances psychiques.

Un dernier mot ?

Quelques sites où l’on en parle et où ça se parle (forums):
www.info-depression.fr
www.filsantejeunes.com
www.sos-suicide-phenix.org
www.suicide-ecoute.fr

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