En quoi l’idéalisation peut-elle mener à la rupture ?

Par Antoine Peytavin

idealisation amoureuseVous nagez dans le bonheur, vous croyez avoir trouvé l’homme/la femme de votre vie. Vous êtes en symbiose et tout est parfait. Vous êtes surtout en pleine idéalisation ! Si l’idéalisation peut fortifier le lien amoureux (cf l’article sur l’idéalisation amoureuse), elle peut aussi le dissoudre. Explications.

1. On attend du couple qu’il vienne combler tous nos besoins affectifs

Au début de toute relation, et particulièrement lors de rencontres amoureuses, l’idéalisation est à son apogée. Le couple, de par la relation de promiscuité spirituelle et charnelle qu’il est amené à entretenir, est le catalyseur de l’idéalisation. Sur lui viennent se cristalliser les besoins affectifs premiers. On attend de lui qu’il vienne les combler, comme nos parents ont su le faire, ou pas. Le besoin charnel de fusion avec l’autre vient aussi renforcer ces attentes.

L’euphorie de la découverte de l’autre et l’exaltation liée à l’état amoureux renvoient à une image positive de soi-même et de l’autre. On est dans l’idéalisation : l’autre vient combler nos besoins affectifs, et on projette beaucoup de bonnes choses envers lui/elle. En l’autre, on cherche aussi à se découvrir. C’est à travers l’autre qu’on prend conscience de sa valeur, et de son identité.

2. Une trop grande idéalisation crée un fossé entre soi et l’autre

L’idéalisation a un rôle défensif et rassurant : elle est bâtie sur un double leurre, cet autre n’est que mon double, fruit de mon imaginaire d’une part. D’autre part, je me suis amputé d’une partie de moi-même. La mauvaise partie de soi est mise de côté pour ne laisser place qu’à la bonne. Tant que je ne suis pas totalement moi-même-avec la bonne comme avec la mauvaise partie de moi, je ne peux pas rencontrer l’autre de manière authentique.

Le miroir de l’amour parfait nous rend vulnérables à la déception, à la dépendance à l’autre. Sans écart suffisant entre soi et cet autre soi-même, l’enfermement et l’absence d’échange deviennent inévitables. La fusion peut se transformer en agrippement, lié à la peur (et non l’amour) de tout (se) perdre par la rupture de ce lien.

3. Les mauvais côtés d’une relation ressortent d’autant plus violemment que l’idéalisation a été forte

Au début, on a tendance à ne voir que les bons côtés de l’être aimé. Puis on voit aussi les moins bons. Après un certain temps, la réalité rattrape le fantasme : l’autre n’est plus aussi parfait qu’on se le représente. Plus on a idéalisé l’autre, et plus la désillusion est forte. On est déçu, on en veut à l’autre (et à soi) car on croit que l’autre a changé, alors que c’est notre regard sur l’autre qui a changé.

En général ces mouvements viennent simultanément pour les deux protagonistes. Certains couples parviennent à s’ajuster à la réalité. Parfois ça ne se passe pas en même temps, et du coup celui/celle qui est en pleine idéalisation paraît encore plus insupportable pour l’autre qui culpabilise de ne plus le/la voir avec des yeux enamourés. Il/elle devient agaçant et ses défauts ressortent avec acuité. Lorsque l’estime de soi est déjà amoindrie, on a tendance à se focaliser sur les faiblesses de l’autre. Cela engendre un effet boomerang. L’autre renvoie alors à une image négative de soi qui peut être très mal vécue si le manque de confiance en soi est déjà sous-jacent. L’ultime recours est de rompre avec l’autre lorsque ce lien le mortifère trop.

Article complémentaire : Je dégoute mon copain

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