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Le Chagrin d’amour chez l’homme, Mythe ou Réalité ?

Par Antoine Peytavin

On en parle peu, mais le chagrin d’amour chez l’homme, qu’en est-il ?

Si la société dans laquelle nous vivons n’est pas toujours égalitaire vis-à-vis du rapport homme femme, le terrain de la rupture amoureuse ne fait pas exception à la règle.

Ainsi, j’entends souvent des doutes monter quant à la teneur du chagrin d’amour chez l’homme.

Comme si son image du siècle dernier le protégeait des sentiments qui pourraient l’envahir.

Et j’aimerais réagir à ces croyances qui sont selon moi, totalement erronées.

Pour plusieurs raisons. Dont la plus évidente : pour que vous ne vous sentiez pas coupable de traverser une véritable période de doute.

 

L’être humain est une créature unique en son genre

La vérité de l’émotion est bien plus complexe que celle qu’on lui reconnait.

Par conséquent, la rupture amoureuse est souvent banalisée. Traitée avec légèreté par les personnes qui sont étrangères à la situation.

Les retombées d’un tel choc sont pourtant réelles. Qu’on soit un homme ou une femme, il est difficile dans les deux situations de surmonter cette peine immense.

Européen, Américain, Africain ou Asiatique. Toute personne évolue et se construit sur ses perceptions, ses expériences et ses ressentis.

Et tout cela est très personnel. Personne ne réagit exactement de la même manière face à un même défi.

Ce que cela signifie ? C’est que ce n’est pas parce qu’une personne refuse d’extérioriser son mal-être (ou au contraire l’affiche ouvertement) que sa douleur est inexistante ou au contraire plus importante. Et cela n’a évidemment, absolument rien à voir avec le sexe de l’individu.

Certaines femmes vivront la séparation mieux que certains hommes.

Et vice-versa. Parce que cela dépend d’une capacité de relativisation. D’introspection.

D’une prise de conscience qui sous-entend la volonté de sortir d’un état qui porte l’étiquette « échec » apposée dessus.

Et nous y réagissons selon les armes que l’on s’est approprié d’une manière très personnelle.

 

Pourquoi questionne-t-on autant le chagrin d’amour chez l’homme ?

Depuis toujours, l’homme est perçu comme un être fort, qui ne pleure pas, qui ne souffre pas de ses émotions. D’ailleurs, il n’en parle pas. On aurait presque tendance à croire qu’il n’en ressent même pas.

Du moins, c’est l’image d’autrefois, lorsque les conditions de vie étaient beaucoup plus rudes. Tout simplement, le commun des mortels n’avait pas le temps de se plaindre. Et puis, qu’est-ce que cette souffrance, quand tout ce qui fait notre confort aujourd’hui n’existait pas à l’époque.

Justement, de nos jours, les conditions sanitaires font que l’on vit bien plus longtemps, bien mieux et confortablement.

Pourtant, on continue de percevoir l’homme dans toute sa masculinité, celui qui ne pleure pas.

Face à cette hypocrisie générale, beaucoup auraient tendance à croire que le chagrin d’amour chez l’homme n’existe pas. Que l’être masculin, même après une rupture, se précipite sur les autres femmes qu’il croise. Comme s’il n’avait plus aucun souvenir de son ancienne relation, de celle qu’il aimait tant il n’y a pas si longtemps.

En réalité, il n’y a rien de plus erroné.

Alors, oui, parfois, l’homme préfère faire des rencontres aussi vite que possible. Mais, d’abord, ce n’est absolument pas une généralité. Et puis, surtout, lorsque que c’est le cas, c’est aussi pour se forcer à passer à autre chose.

Non, malgré les apparences, il ne mourrait pas d’envie d’aller voir ailleurs.

Et enfin, il reste extrêmement rare de voir cet homme se remettre rapidement dans une relation sérieuse. A moins que celle-ci soit purement une relation rebond.

 

Le chagrin d’amour chez l’homme doit avoir tout l’espace de s’exprimer

Nous sommes au XXIème siècle. Il est temps d’abandonner les conventions qui n’ont plus de sens.

Oui, un homme peut être sensible. Et oui, un homme peut souffrir. Enfin, oui, un homme peut pleurer.

Et oui, un homme peut aussi s’enfermer dans une logique d’orgueil et de fierté. Et finalement voir rouge.

Vos réactions ne doivent pas dépendre d’une construction sociétale. D’une attente qu’on a sur vous.

N’ayez pas honte d’avoir mal. Car vous vous empêcheriez d’apprendre réellement de votre douleur.

Accepter son ressenti, c’est la première priorité pour se reconstruire.

Et se laisser influencer par une image diffusée par les médias et les préconçus qui nous entourent, c’est s’empêcher de rester au contact de ses émotions. Et finalement de comprendre par où avancer. Comment évoluer.

Ce que vous devez comprendre, c’est qu’il n’existe pas d’échelle dans la douleur. Et que comparer votre souffrance à celle de quelqu’un d’autre n’a absolument aucun sens.

La culpabilité n’a rien à faire dans ce rapport à vous même et à votre ressenti vis-à-vis de ce que vous êtes en droit ou non d’avoir comme émotion.

Votre état dépasse les petites cases dans lesquelles ont peut/veut vous placer. Oui, votre douleur est réelle. Et oui, il existe tout un set d’actions à mettre en place pour la surmonter.

Qui que vous soyez. Quelle que soit la nature de votre histoire.

Je voulais simplement vous le rappeler, c’est important.

 

Antoine Peytavin

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